Médailles olympiques : l'Europe écrase (rait) la Chine et les USA
le 23/8/2008 à 10h04
par Jean Lapierre (Aujourd'hui la Chine)
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On n'y pense jamais, mais dans la quête aux breloques olympiques, personne ne fait mieux qu'une entité très discrète : l'Europe ... Avec 62 médailles d'or au total jeudi soir, elle devance, et de loin, son hôte chinois et les Etats-Unis.
L'exercice est évidement un peu vain, mais il est amusant et instructif
: le tableau des médailles olympiques devrait consacrer une puissance
sportive à part entière, l'Union Européenne, puisque elle est sans
équivoque possible la première en termes de médailles aux Jeux
Olympiques de Pékin .
Jeudi soir, elle en totalisait 203, dont 62 en or, bien au delà des
83 médailles chinoises ( 46 d'or) ou des 95 américaines ( 29 d'or).
Grâce en soit rendue aux performances des athlètes britanniques et à
leurs seize médailles d'or, mais aussi au valeureux Lituanien qui a
décroché une des seules médailles de son pays, en bronze, dans la
catégorie des plus de 120 kilos en lutte gréco-romaine.
L'exploitation des statistiques sportives ouvre des perspectives
toujours amusantes : avec une population de moins de 500 millions
d'habitants, soit un gros tiers de la population chinoise, l'Europe et
ses 27 membres fait plus de deux fois mieux que la Chine en termes de
médailles olympiques : rapporté au nombre d'habitants, on pourrait donc
conclure du tableau des médailles olympiques à Pékin que le potentiel
olympique d'un Européen est 6 fois supérieur à celui d'un Chinois.
Ou
encore que le gigantesque effort militaro-industriel consenti par la
Chine depuis dix ans pour produire du champion ne pèse toujours pas
très lourd face à la culture sportive des vieux pays européens...
Ou,
pour ne pas prêter le flanc à des accusations de parti pris anti
chinois primaire, que le sport à l'ancienne est tout aussi efficace
que la machine à dollars du sport US. Ou enfin, que entre le
socialisme à la chinoise et le capitalisme débridé, il y a une voie
moyenne, la voie européenne, justement ...
L'argumentation est spécieuse, concernant une Union sans vraie réalité
politique , et on ne peut pas dire qu'elle soit reprise en coeur par
les instances sportives ou les dirigeants de l'Union. Mais rêvons un
peu : si on avait entendu cinquante fois "l'hymne à la joie" retentir
dans les stades Pékinois, les 27 Européens se seraient peut être sentis
un peu moins seuls, à la veillée, en comptant et en recomptant leurs
maigres trésors olympiques nationaux...
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