Pékin sans rock’n roll et bol de nouilles : une capitale olympique aseptisée
le 14/7/2008 à 11h44
par Sarah Duverger (Aujourd'hui la Chine)
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A moins d’un mois des jeux Olympiques, la ville hôte semble se replier sur elle même. Des bars, clubs et petites cantines de rue sont menacés de fermeture. Au risque d’un Pékin insipide.
Pour certains à Pékin, la fête est finie...avant d‘avoir commencé. La scène nocturne qui fait la fierté de la capitale ces dernières années, pourrait se voir amputée pendant les JO de plusieurs de ses spots.
Les clubs et bars autour des installations olympiques surtout sont visés. Ceux à l'intérieur du stade des Travailleurs annoncent d'ores et déjà leur fermeture pendant les JO.
D'autres clubs aux alentours, sont encore dans l'expectative d'une décision. « On ne sait pas. On attend. » confie-t-on à l'ancienne enseigne du fancy « Babyface » à l'est du stade football -aujourd'hui « Richy »-.
Quelques terrasses de Sanlitun sont aussi touchées. Si ces lieux obtiennent la permission d'ouvrir, ils devront cependant se plier à la nouvelle mesure imposant de fermer avant 2h du matin.
Règle que le guide destiné aux étrangers à Pékin pendant les Jeux a « rappelé » le mois dernier, « alors que personne n'avait entendu parler de cela avant » ironise un restaurateur anglais.
Signes du temps, Beijing Time Out et That's Beijing, deux magazines en anglais listant les événements culturels et festifs, connaissent eux aussi des
difficultés. L'un a fermé -sous prétexte d'un manque de license-, l'autre a été racheté par un magazine chinois.
Mais que les fêtards se rassurent, Beijing ne manque pas de lieux de perdition, et les lieux où se faire voir, comme le très glamour « The World of Suzie Wong », sont déja sûrs de faire danser athlètes et supporters jusqu'à l'aube.
Maudits bouibouis
Du côté de la restauration, le flou est encore plus tenace. Pas de problème pour la plupart des restaurants ayant un certain standard et employant des pékinois. Trouver son fix quotidien de jiaozi ne sera donc pas un problème.
Pour les autres, petits bouibouis ne présentant pas un
niveau d'hygiène suffisant, ou autres raisons non précisées, les patrons ne peuvent eux-mêmes que faire des réponses vagues.
Pour un nombre important de travailleurs migrants -un cinquième de la population pékinoise- cela signifie pas de salaires, et retour express forcé dans leur province d'origine.
« Je ne sais pas où je serais en août » avoue Lu yi, serveuse dans la petite cantine qui sert des spécialités ouïghoures à deux pas du stade de football. « Chez moi, dans mon village du Shandong, il n'y a pas de travail, et encore moins des jeux olympiques, alors j'espère rester. »
Sans license, pas d'autorisation. Une logique sans pitié pour tous les vendeurs de brochettes, riz frit, crêpes et autres stands ambulants.
Au nom du principe de « sécurité », les temps devraient être durs pour ce genre de commerce sur lesquels la police fermait jusqu'ici les yeux.
« C'est pour la santé des étrangers » déclare, hilare, madame Ma, appuyée sur son chariot rempli de pâtes fraiches.
Pourtant ce sont bien les locaux qui pourraient être les
premières victimes d'une telle mesure. Cela, plus l'inflation grimpante, la vieille dame fait la grimace.
Quoi qu'il arrive, -interdiction ou pas interdiction- beaucoup se disent déterminés à continuer à travailler, pour pouvoir manger. Et avoir une part du gâteau -de riz- des opportunités que ces JO apportent. Même petite.
sécurité
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Ilio a écrit le 15/7/2008 à 23h11 :
mllemily a écrit le 18/5/2009 à 5h02 :
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A croire qu'en Chine l'orthographe des journalistes est soluble dans l'huile de friture!